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#theshowisover

Ceci est un appel à tout notre secteur d’activité en Suède, et dans tous les pays.

Nous avons collecté de nombreux témoignages. Certains sont présentés ici. Ils montrent qu’on trouve des coupables à tous les postes dans notre champ d’activité. Des plus petites compagnies et particuliers, aux plus grandes écoles, institutions, lieux de diffusion, grandes compagnies et festivals. Le schéma est le même que dans le reste de la société. De grandes institutions ont travaillé à partir d’une charte et de documents politiques de référence. Certains rapports ont débouché sur des actions en justice quand d’autres se sont noyés dans la procédure administrative.

Les abus au sein des petites compagnies et entre individus sont cachés par une façade chaleureuse, de bonne volonté et un énorme mensonge qui nous dit que les cas sont isolés et que les mauvaises conditions sont les mêmes pour tou.t.es.

Vous, l’élève qui aspire au développement, l’artiste désireuse de travailler, la professionnelle qui fait son travail, tout simplement. On vous propose de l’aide pour votre carrière ou vos études, et à la place, vous êtes harcelée. La punition, si vous dites non aux avances sexuelles, se traduit par des menaces, du harcèlement, de la persécution ou une exclusion de l’enseignement, des projets ou des emplois.

Nous exigeons une tolérance zéro envers le harcèlement sexuel et la violence dans les écoles et lieux de travail.

Nous exigeons que tous celles et ceux qui sont au pouvoir dans notre secteur arrêtent de nous ignorer, réagissent et au contraire, passent à l’action.

Nous exigeons une formation obligatoire de prévention à la violence, aux relations de pouvoir et au harcèlement sexuel pour tout.e.s les employé.e.s à responsabilité et tou.te.s les professeur.e.s de toutes les écoles et institutions.

Nous exigeons une formation obligatoire de prévention à la violence, aux relations de pouvoir et au harcèlement sexuel pour tou.te.s les étudiant.e.s en éducation artistique de cirque.

Nous exigeons d’être soutenues. Pas abandonnées.

Nous exigeons d’être entendues. Pas condamnées au silence.

#theshowisover

 

Vous, les grandes écoles, institutions, compagnies et festivals, avez échoué. Vous, qui avez les ressources et le pouvoir politique, prenez cette opportunité pour essayer à nouveau et faire les choses bien cette fois-ci. Posez-vous la question de savoir pourquoi vos politiques et vos directives ne sont pas suffisantes. Comment cela se fait-il que si peu de victimes signalent les abus ? Comment peuvent-elles se retrouver si abandonnées même lorsque vous avez suivi le protocole établi ? Enquêtez vous-mêmes, brisez la culture du silence. Vous éduquez et employez en grand nombre. Alors prenez l’initiative ! Soyez exemplaires et donnez le ton.

Vous, les petites compagnies et indépendants de notre industrie, vous avez fauté. Nous dénoncerons tout. Peu importe si nous vous apprécions. Peu importe votre amabilité sur scène et en dehors. Peu importe le nombre d’emplois que vous proposez. Nous veillons sur nous-mêmes à présent, non plus sur vous. À présent nous avons partagé nos histoires entre nous. Nous ne vous protègerons plus. La honte est maintenant votre fardeau.

Vous tous, hommes conscients, qui faites ce que vous pouvez là où vous êtes. Continuez. Battez-vous pour nous. Même s’il n’y a que des hommes autour de vous. Épaulez-nous. Éduquez les hommes autour de vous. Ne riez pas aux blagues sexistes. Ne restez pas silencieux. N’acceptez pas d’emplois venant d’eux. Il est temps pour vous d’utiliser votre privilège, celui avec lequel vous êtes nés en tant qu’homme.

#theshowisover

« Lors d’un spectacle, alors que je m’apprête à me lancer à 15m de haut, le rigger fait une vérification de sécurité de ma ceinture. Comme chacun sait, la ceinture s’attache à l’avant, et c’est sans raison qu’il m’a caressé les fesses. Ça s’est passé très vite, c’est lui qui me longe et assure ma sécurité : je n’allais pas engager une discussion à ce moment. Je n’avais pas peur, mais il n’avait pas le droit de faire ça. En tant que rigger, il est en position de force et il en a abusé »

« On m’a proposé un travail qui pourrait payer mes factures pour un petit moment. J’avais des problèmes financiers et ce travail tombait vraiment à pic. Je ne connaissais pas l’homme qui m’engageait, je savais seulement qu’il était beaucoup plus âgé que moi et bien connu dans le métier. Il m’a invitée à une rencontre de travail à son domicile, tout s’est très bien passé. Je lui étais reconnaissante d’avoir pensé à moi pour ce travail. Après la réunion il m’a proposé un massage, ce qui est ordinaire entre artistes de cirque. D’autres femmes m’avaient dit qu’il était bon. Ça a pris peu de temps avant que les choses dégénèrent. Il se collait à moi, il avait un souffle lourd, il me touchait de façon inappropriée. J’ai pris peur, je me suis pétrifiée. Il pouvait s’en rendre compte, mais il a continué. Je lui ai dit qu’il fallait que je parte, mais je n’ai pas osé l’arrêter. Je n’arrêtais pas de penser à la porte fermée, et que personne ne pouvait me voir. Est-ce qu’il allait revenir sur l’embauche si je le repoussais? Est-ce qu’il allait devenir violent ? Me blesser ? Me violer ? Il a caressé mes seins un bon moment, me disait combien j’étais belle, quel corps parfait j’avais. A la fin, il m’a embrassée sur le front et m’a laissée me lever. En rentrant à la maison j’ai vomi. Je me suis senti si honteuse, si naïve. Je n’ai pas porté plainte, j’ai pensé que ça ne mènerait à rien. »

« Les artistes masculins de notre spectacle nous donnaient une tape sur les fesses à moi ainsi qu’à mes autres collègues femmes, parfois lorsque nous passions devant eux en sous-vêtements, parfois sur scène. Ça a duré des mois. Au départ ça me dérangeait, puis après un certain temps je me suis habituée, c’était arrivé à tant d’autres collègues avant moi. »

« Je sortais avec un des garçons les plus populaires de l’école. Tout le monde l’aimait et voulait passer du temps avec lui. Il était très bon dans sa discipline, drôle et mignon. Mais il était abusif avec moi, extrêmement jaloux, il m’enfermait et avait des rapports sexuels avec moi que je qualifierais aujourd’hui de viol. J’ai finalement réussi à m’extirper de la relation, puis réalisé qu’il était arrivé la même chose à une fille de l’école et que personne ne l’avait écoutée. Tout le monde savait, tout le monde faisait l’autruche. Il était si talentueux. Ça m’a brisé le cœur. »

Nous venons du monde du cirque, un monde extraordinaire à bien des points de vue. Une discipline où chacun.e peut être soi-même, et où la singularité est une force. Une discipline faite de performance physique, de sueur, de joie, de rire et de magie, de persévérance et d’acceptation.

Notre champ artistique est réputé ouvert d’esprit, chaleureux, humain et faisant place aux femmes « fortes ». Ceci est vrai à bien des égards. Mais. Nous subissons, comme dans d’autres secteurs d’activité, une hiérarchie par genre, où la subordination des femmes est maintenue grâce au harcèlement sexuel et à la violence des hommes. Où la subordination des femmes et la limitation de leur capacité d’action est acceptée et normalisée par une culture du silence, aussi présente dans notre secteur d’activité que dans le reste de notre société.

#theshowisover

« J’étais étudiante. Lors d’une fête un artiste travaillant dans une grande compagnie avec laquelle je travaillais occasionnellement m’a violée. J’ai informé l’école ainsi que son employeur, qui m’ont dit de porter plainte, et je l’ai fait. Pendant que nous attendions le verdict il continuait à travailler pour la compagnie, bien que ce soit dans une autre ville avec d’autres artistes. Personne ne devait savoir ce qui s’était passé. Il fut reconnu coupable plus tard et envoyé en prison. Je voulais que tout le monde sache ce qui m’était arrivé, que j’avais dit la vérité depuis le début, que l’affaire n’aurait pas dû être étouffée. Je me sentais terriblement mal, trahie. J’ai arrêté ma formation alors que j’étais en dernière année. J’ai quitté la ville ainsi que toute ma vie de cirque. Cela ne faisait plus de sens, je ne pouvais plus sentir mon corps, être sur scène, ni m’entraîner. »

« Un homme influent qui a différents postes dans notre domaine et dans de nombreux pays, s’est retrouvé frustré que je refuse son invitation à une relation sexuelle avec lui. Il affirma que nous le voulions « tous les deux ». Il disait que je ne serais pas la bienvenue à son événement si je ne couchais pas avec lui. Je n’ai pas couché avec lui. Il cessa de m’inviter à des dîners importants, à des conversations ou rendez-vous auxquels il m’aurait conviée auparavant. »

 « J’ai longtemps douté de la pertinence de mon témoignage dans cet appel, puisqu’une grande partie des violences avaient lieu à la maison. J’étais étudiante en école de cirque, il y était professeur et cette histoire a tellement à faire avec la position de pouvoir des hommes dans notre milieu, ainsi que l’acceptation de la violence par les structures. « Mon » coupable n’est pas le seul grand nom, le seul « génie » dont tout le monde sait qu’il est violent, et cependant est toujours autorisé à travailler. La violence a duré un long moment. A la fin je me disais même qu’il avait raison, étant donné que tout le monde l’adorait et qu’il était si talentueux. On l’a protégé : Il est comme ça, il a du caractère, c’est tout. J’ai fini par apprendre que le meilleur moyen pour qu’il me laisse vivre ma vie était de le laisser utiliser mon corps pour avoir des relations sexuelles quand ça le chantait. Cela épargnerait nombreux drames aux personnes autour de nous. Lorsqu’il était saoûl et au pire de ses humeurs je craignais pour ma vie. Il me traînait, me tirait par les cheveux ou les pieds, dans les escaliers, sur le bitume, me jetait des objets dessus, me menaçait, puis changeait en l’espace d’un instant, regrettait tout, me suppliait de lui donner une dernière chance. Je ne pouvais en parler à personne, personne à l’école ne m’aurait crû. Je n’avais aucune chance contre l’admiration générale pour lui et sa personnalité rayonnante. Quand enfin je l’ai quitté et qu’il disparu subitement, d’autre élèves, certains de ma classe, m’envoyèrent des messages de reproches ; j’avais ruiné leur chance de l’avoir en tant que professeur. »

 « C’était un mot bien connu, tout le monde savait que ce professeur l’utilisait. Lorsqu’il le prononçait, l’étudiante (femme uniquement) devait s’approcher de lui pour qu’il lui claque la fesse, comme une punition, si elle n’avait pas fait quelque chose comme il l’entendait. Tout le monde savait, personne ne refusait, nous savions toutes que l’école ne nous écouterait pas. J’avais 20 ans à l’époque. Ce n’est peut-être rien. Je sais simplement que je ne pourrai jamais l’oublier et que j’ai la nausée à chaque fois que j’y pense.    

 Le cirque implique une préparation physique de haut niveau, difficile, et la compétition est rude pour intégrer nos écoles. Pour être embauché.e en tant qu’artiste il faut s’entrainer comme un.e sportif.ve de haut niveau, entretenir ses performances, dans le but de répondre à la demande.

Nous travaillons partout dans le monde, et nous nous sentons généralement comme à la maison quand nous entrons dans un lieu de cirque, où que ce soit. En tant qu’interprètes, producteurs.rice.s, metteur.euse.s en scène, programmateur.rice.s, organisateur.rices.s de festival, enseignant.e.s, managers, coaches, ou chercheur.euse.s, nous nous connaissons tou.t.es, peu importe la partie du monde où nous travaillons. C’est un petit milieu, nous l’appelons même parfois « la Famille du Cirque ».

 « Après un moment je réussis à me débarrasser de lui. Dans les années qui suivirent, j’ai tenté de me suicider. Je n’arrivais pas à mettre le mot viol sur ce qu’il m’avait fait. Il m’a fallu 10 années pour réussir enfin à le reconnaître. Je le vois toujours, il travaille pour des festivals, a toujours de très jeunes petites-amies. Aujourd’hui ma vie est belle, mais dès que je traverse un épisode émotionnel fort le traumatisme remonte. La même peur. Les mêmes idées de vengeance. »

 « En tournée à l’étranger. On se retrouve avec l’équipe dans un bar. Il est tard, je dois rester pour la nuit et un ami offre de m’héberger. Je me réveille terrifiée, ils sont en train de me violer. Je suis pétrifiée. Impuissante.»

 « Mon histoire parle de sexisme et de ce que c’est d’être une femme isolée dans un environnement de travail masculin. Ça m’a épuisée. Je me suis sentie seule, trop longtemps. J’ai eu honte. Le fonctionnement m’a fait croire que c’était moi le problème. Je suis devenue silencieuse. J’ai travaillé sans jamais avoir de reconnaissance. J’ai laissé mon amour pour mon travail chez moi. J’ai essayé de masquer ma tristesse »

 « Mon professeur à l’école de cirque essayait de coucher avec moi depuis longtemps, j’étais adulte, mais il était mon professeur et malgré mes nombreux refus il continuait d’essayer, de flirter, il touchait mon corps au-delà des nécessités de l’enseignement. Il fallait que je sois prudente dans la manière dont je le repoussais, c’était mon professeur et il fallait le respecter. Aujourd’hui, même si je suis une femme plus mûre et indépendante, je ne comprends toujours pas comment j’ai pu laisser cela m’arriver, mais pour être honnête je ne me suis jamais sentie aussi impuissante. Je voulais uniquement m’améliorer en tant qu’artiste dans ma discipline et faire de mon mieux. Je n’aurais jamais dû vivre cette expérience en tant qu’étudiante. »

 « Pendant les saluts : je porte un short qui couvre à peine mes fesses (je ne l’ai pas choisi), et j’entends depuis les coulisses – et tout le public l’entend aussi – le metteur en scène, ivre, qui crie « Joli cul ! – suivi de mon nom – Quel joli cul ! » »

 « Le dernier démontage à l’issue d’une longue tournée. Je porte un lourd accessoire, et mon collègue/employeur/directeur arrive de derrière et plaque son pénis en érection contre mon cul, met ses mains sur mes hanches et me dit combien je suis sexy et combien nous avons une belle relation, que ça a été une si belle tournée… et il se serre un peu plus contre moi. J’ai essayé, comme je fais toujours dans ce genre de situation, j’ai essayé de plaisanter, de ne pas créer plus de malaise, je ne comprenais pas la gravité de la situation. Peut-être l’avais-je invité à faire ça ? Ça avait été beaucoup de contact physique et de massages pendant la tournée… Mais c’était mon boss, à qui d’autres aurais-je dû m’adresser ? »

Beaucoup d’entre nous naviguent entre différents pays et différents métiers du cirque au fil des années. Vous pouvez avoir été formé en Suède, travailler en France pendant 3 mois, partir en tournée aux États-Unis avec une compagnie anglaise, et enseigner en Finlande. Si vous êtes producteur.rice, vous travaillez internationalement à la promotion de vos spectacles, de vos artistes, ou de la discipline. Le réseau professionnel est international mais très étriqué. Nous nous embauchons les un.e.s les autres. Les rôles peuvent s’interchanger rapidement. On ne sait jamais de qui on dépendra demain. C’est pour cette raison que cette pétition est signée par des femmes occupant tous types de postes dans notre secteur.

De plus, en tant qu’élève ou artiste, il faut comprendre que votre vie et votre carrière sont entre les mains de votre rigger (le collègue qui tient votre longe de sécurité), le professeur qui fait la parade quand vous essayez des mouvements nouveaux et compliqués, ou votre partenaire avec qui vous vous entrainez et jouez, et avec qui vous avez investi votre carrière entière. Vous savez que vous devez avoir de bonnes relations de manière à être en sécurité, pour ne pas avoir d’accident, pour être capable de continuer à vous entraîner et pour continuer à travailler. C’est une position très vulnérable, à la fois psychologiquement et physiquement.

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« Il s’est assis avec son café au premier rang, pendant que je m’échauffais seule sur scène, puisque c’est l’endroit où il fait le plus chaud grâce aux projecteurs. Il s’écria qu’il appréciait beaucoup la vue, son spectacle privé. Suite à cela je ne m’échauffais plus que derrière des chaises dans le bar avec trois couches de vêtements. »

« En tant qu’artiste j’ai traversé cela tant de fois. La dernière fois c’était avec le directeur renommé d’une compagnie de cirque. Le contact passait très bien, avions chacun de l’intérêt pour le travail de l’autre, et je lui avais exprimé mon envie de travailler avec lui et sa compagnie. Au cours d’un dîner il me promit que je ferai partie du prochain projet. Plus tard ce soir-là, je reçu un message comme bien d’autres auparavant, contenant un autoportrait nu. J’étais tellement dégoûtée que je n’ai pas répondu. Il cessa de me parler et il n’y eu pas non plus de travail pour moi dans sa compagnie. »

« J’assurais la diffusion d’un gros spectacle, toute l’équipe attendait de nouveaux contrats puisque personne n’est employé à long terme dans l’industrie du cirque. Un soir, plein de gens de différents pays se sont retrouvés dans un bar après le spectacle et je suis entrée en contact avec le directeur d’un des plus importants festivals de cirque. S’il achetait ce spectacle, alors d’autres programmateurs oseraient le faire également. Il avait l’air vraiment intéressé par le spectacle, et quand on a quitté le bar, il ne restait que lui et moi. L’hôtel était totalement silencieux. Pile au moment où je suis rentrée dans ma chambre, le téléphone a sonné. J’ai décroché. Au bout du fil, quelqu’un était en train de se masturber et de souffler bruyamment. J’ai raccroché. Je me demande qui c’était… Nous ne sommes jamais allés à ce festival. »

« J’étais étudiante en école de cirque, et nous travaillions avec un metteur en scène de théâtre. Lors d’une fête il voulait danser avec moi encore et encore, il se frottait à moi, me faisait tourner et m’enlaçait un petit peu trop. Il avait plus du double de mon âge. Les gars de ma classe disaient qu’il voulait coucher avec moi et que je devrais le faire, que ce serait bon pour ma carrière. J’étais à la fois dégoûtée mais aussi un peu flattée. Je n’ai pas couché avec lui et n’ai jamais travaillé avec lui. Ça me rend furieuse. Pourquoi n’est-ce jamais assez d’être simplement bonne à ce que l’on fait ? Pourquoi est-ce que tout revient toujours à si on est « baisable » ou pas ? C’est tellement humiliant et je n’en peux plus. »

#theshowisover

Nous nous exprimons d’une voix et ne commenterons pas.

Toutes les personnes ayant signé cet appel n’ont pas été victimes d’abus, mais souhaitent le soutenir.

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